Expliquez nous en quoi consiste votre rôle. En tant que coordonnatrice développement durable, je participe au développement et à la mise en oeuvre de la politique de l’école sur ces questions: j’assure la coordination des initiatives et projets institutionnels de l’école concernant ces enjeux.

J’apporte également ma contribution à l’organisation et la promotion des événements dans ce domaine tout en valorisant les programmes d’enseignement associés à la durabilité. Enfin, j’agis comme personne-ressource auprès des intervenants internes et externes de HEC Montréal dans ce domaine.

Qu’est-ce que vous aimez particulièrement dans votre métier?
HEC Montréal est un milieu riche sur le plan des idées mais également au plan humain (employés, étudiants et partenaires viennent de milieux variés au plan socioculturel et professionnel). Cette dimension alimente ma propre réflexion en tant que citoyenne et me nourrit au quotidien dans les dossiers que j’ai à gérer. Par ailleurs, nombre de nos enseignants, étudiants et chercheurs contribuent par leurs travaux à la transformation de nos sociétés sur ces questions (gestion de l’eau, questions énergétiques, travaux de modélisation sur les changements climatiques, responsabilité sociale des entreprises et acceptabilité sociale, économie sociale, comptabilité, marketing sociétal, décroissance soutenable, logistique, etc.). Je me sens donc privilégiée de pouvoir accéder à un tel bassin de connaissances.

Aussi, et parce que l’implication sociale fait un peu partie de mon “ADN” et que la transformation passe selon moi par l’éducation, j’aime ultimement apporter ma modeste contribution au progrès de nos sociétés. Je n’ai donc pas à trouver un sens à mon travail…il est évident et c’est essentiel pour moi.

Quel est votre défi de tous les jours?
Démystifier et “dé-mythifier” la notion de développement durable : il faut cesser d’opposer systématiquement les variables du développement durable (environnement, social, économie et…gouvernance) ; en particulier l’économie et l’environnement. Travailler simultanément sur toutes ces variables pour tendre vers des sociétés plus équilibrées et des modèles économiques et organisationnels plus résilients est, selon moi, essentiel. L’économie ne peut fonctionner sans environnement et elle doit s’inspirer de la Nature pour être plus efficace (au sens du biomimétisme et des principes d’autorégulation des écosystèmes naturels).

L’économie doit fonctionner en symbiose et non en concurrence avec les autres dimensions du développement durable, pour assurer sa propre pérennité. En ce sens, il est intéressant de voir émerger à HEC Montréal toute une génération de futurs gestionnaires de plus en plus connectés sur les enjeux de durabilité. Le défi est qu’ils soient toujours plus nombreux à intégrer ces notions à leur ADN professionnel. Ceux qui réussiront demain sont ceux qui auront intégré ces connaissances à leur métier pour gérer les risques et saisir les opportunités d’une économie mondiale déjà touchée par ces transformations.

Quel fût votre parcours pour en arriver ici? 
Titulaire d’une Maîtrise en Économie et Finance internationales de l’Université Paris IX Dauphine, j’ai travaillé sur les marchés de capitaux à Londres où j’ai passé mon SFDR (Securities and Financial Derivatives Representative). J’ai également occupé des fonctions d’analyste et de conseillère en Stratégie dans d’autres secteurs d’activités (gestion d’actifs, cabinet-conseil, etc.). Après avoir travaillé sur plusieurs dossiers touchant notamment les questions d’investissement socialement responsable, j’ai entrepris une transition vers ce domaine qui me passionnait : j’ai obtenu ma certification SIPC (Sustainable Investment Professional Certification) à la John Molson School (Université de Concordia) puis mon DESS en gestion et développement durable de HEC Montréal.

Qu’est-ce que ça “prend” pour faire ce métier?
Avoir de l’entregent, être à l’écoute, aimer travailler et interagir avec des interlocuteurs aux expériences et cultures professionnelles différentes. Bref, il faut aimer apprendre en permanence. Mes fonctions impliquent une certaine polyvalence: cela prend de l’énergie, des compétences en gestion et en administration, une aptitude à analyser et gérer des situations parfois complexes et des dossiers variés par leur contenu et les enjeux qu’ils posent.

Votre message à la relève? 
La visibilité des métiers associés au développement durable est encore faible, car ils relèvent de nombreux secteurs sous des formes extrêmement variées. À titre d’exemple, des emplois se créent dans le domaine des technologies propres au Québec : 1000 organisations, 400 entreprises et 200 groupes de recherche, selon Écotech. Et des opportunités émergent également dans le secteur de l’économie sociale, un secteur méconnu des étudiants et du grand public, mais essentiel dans nos sociétés. En bref, j’invite les jeunes de la relève à envisager dans quel monde ils veulent vivre et travailler, et comment dès aujourd’hui et sans complaisance, ils peuvent faire carrière tout en y associant activement leur part de responsabilité citoyenne.

Parlons de vos collègues! Si vous avez des collègues de la relève en développement durable, environnement, responsabilité sociale… et que vous aimeriez les faire connaître, écrivez-nous à redaction@novae.ca en nous indiquant leurs noms/prénoms, le poste occupé et le nom de l’employeur. Peut-être pourraient-ils figurer dans cette rubrique !

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