Biscuits Leclerc a adopté l’écoconception il y a quelques années. Première démarche: repenser ses emballages afin d’en réduire l’empreinte en fin de vie.

 

L’entreprise agroalimentaire Biscuits Leclerc a décidé, en 2002, de prendre un virage santé, qu’elle associera par la suite à une démarche de développement durable plus générale. Ainsi l’entreprise a-t-elle implanté une série de pratiques durables dans ses usines (efficacité énergétique, biofiltration des eaux usées, récupération des matières résiduelles…), et abordé l’écoconception. Sa première initiative en la matière a été de revoir entièrement la fabrication des barquettes de biscuits. En 2006, l’entreprise débutait la commercialisation de biscuits avec emballages écoconçus.

Wilson Ochoa, chargé de projet en développement durable, affirme qu’il s’agissait alors d’une première dans le secteur, et ce, à travers l’Amérique du Nord. "Auparavant, nos sacs étaient fabriqués en polypropylène et les barquettes en polystyrène. Aujourd’hui, les barquettes sont fabriquées à base de maïs et sont compostables." Si le polypropylène est aisément recyclable par rapport à d’autres matières similaires comme le CPV, son empreinte écologique demeure importante. Le polystyrène, lui, se dépolymérise au fil du temps ; il redevient styrène, un mutagène et cancérigène actuellement sous la loupe des experts. "Par l’intégration du compostage dans la gestion de fin de vie du produit, nous proposons un moyen rentable de réduire la quantité de résidus acheminés aux sites d’enfouissement, tout en fournissant de la matière intéressante pour nourrir les sols."

Ingénieur de formation, Wilson Ochoa coordonne l’ensemble des activités de l’entreprise en matière de durabilité. Il insiste sur l’importance du travail collaboratif entre les différents départements. "L’équipe responsable du développement durable travaille de concert avec celles des achats, des ventes, du marketing, de l’innovation technologique ou encore de la recherche et du développement. Il faut aussi travailler avec nos fournisseurs et partenaires." C’est par exemple le cas d’une entreprise voisine, Plastique Tilton, qui fournit le bioplastique nécessaire aux nouvelles barquettes compostables. "Il s’agit d’une entreprise précurseure avec qui la collaboration a été fructueuse, ne serait-ce qu’à cause de sa proximité géographique."

Le procédé de fabrication d’une barquette compostable est complexe, Biscuits Leclerc y a travaillé pendant deux ans afin notamment de s’assurer que le nouvel emballage conserve des propriétés similaires à celles traditionnellement recherchées. "Il faut d’abord décomposer le maïs pour en extraire certaines composantes, comme le dextrose qui sera fermenté et distillé en acide lactique. On transforme alors cet acide en granulés qui peuvent être utilisés pour fabriquer les contenants." L’implantation technique a également été un défi, l’entreprise possédant une douzaine de lignes de production. Quant aux frais de mise en marché, ils ont été plus importants que pour un produit conventionnel, car l’entreprise souhaitait faire comprendre la démarche et rassurer ses clients sur le fait que le nouvel emballage ne change en rien la qualité des produits.

Rapidement, Biscuits Leclerc a obtenu la certification "Compostable" de NatureWorks. S’il est difficile pour l’entreprise de mesurer l’impact commercial de sa démarche, Wilson Ochoa estime qu’"elle a certainement contribué à son image de marque. Le mois dernier, un sondage démontrait que la compagnie était la onzième entreprise québécoise la plus admirée."

Cette initiative fut la première d’une série. "Maintenant, nous prenons l’environnement en considération lors du développement de tous nos produits." Wilson Ochoa explique que l’entreprise étudie actuellement la manière de réduire l’utilisation de carton pour le transport de ses produits. "On cherche à réduire de 25 % la quantité de carton des boites." Pour ce faire, Biscuits Leclerc doit étudier les qualités de carton disponibles sur le marché et repenser l’assemblage de ces boites de transport en termes d’écodesign. Il est en outre essentiel que les biscuits arrivent à bon port en un morceau : moins de carton ne doit en aucun cas signifier plus de miettes. "La qualité du produit est toujours notre priorité." L’entreprise et ses partenaires procèdent d’ailleurs actuellement à une batterie de tests de transport.

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