Lufa : les serres urbaines
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La ferme produit 40 familles de fruits et légumes dont 16 variétés de tomates et 9 de basilic. -
La première ferme Lufa: une serre de 31000 pieds carrés située sur le toit d'un édifice du quartier Ahunstic-Cartierville. -
Mohamed Hage, fondateur de Lufa. -
Les premières tomates produites par Lufa.
Il y a quelques mois, la jeune entreprise Lufa ouvrait sa première ferme urbaine sur le toit d’un édifice montréalais. Retour sur un concept présenté comme la "première serre commerciale sur un toit au monde".
L'idée pouvait faire sourire, et elle mit d'ailleurs presque dix ans à se concrétiser. Une ferme commerciale sur le toit d'un immeuble, voilà ce que le Montréalais Mohamed Hage a réussi à développer après de longues années de recherche sur les méthodes de culture hydroponique (hors-sol). "L'envie de mettre une ferme sur un toit est née d'un constat très simple: la plupart des aliments que l'on consomme vient d'ailleurs, dit le fondateur des fermes Lufa. Avec ce mode de production local, on a voulu réduire la distance entre le producteur et le consommateur – et en même temps l'impact sur l'environnement -, tout en offrant des produits de qualité."
S'inspirant de travaux de l'Université McGill, Mohamed Hage réalise son rêve fin 2010, en lancement la construction d'une première ferme. Le terme de "ferme" peut être trompeur, puisqu’il n’y ni poules ni cochons sur le toit. Il s'agit en fait d'une serre de 31000 pieds carrés située sur le toit d'un édifice à bureaux du quartier Ahunstic-Cartierville. La ferme produit 40 familles de fruits et légumes dont 16 variétés de tomates et 9 de basilic. "Nous sommes très fiers de nourrir plus de 2 000 personnes à Montréal grâce à ce système." Les abonnés aux produits de la ferme reçoivent une fois par semaine un "panier fraîcheur" pour deux qu'ils vont chercher dans l'un des points de chute. "Cela permet notamment de moins polluer avec le transport: 60% de nos clients vivent en effet dans un rayon n'excédant pas 8 km. Concrètement, cela nous coûte 15$ d'essence par jour pour faire les livraisons de 2 000 personnes."
Tous les toits ne peuvent pas accueillir une ferme Lufa, la plupart des édifices ne pouvant pas tolérer un tel surplus de poids. À ce problème, se sont ajoutées des contraintes plus administratives. "C'est très long et compliqué d'obtenir les autorisations de la ville pour implanter une ferme sur un toit. Et il y a énormément de préjugés quand on prononce le mot ferme : les gens imaginent des animaux, du fumier, des pesticides... alors que nous n'utilisons précisément aucun pesticide ni anti-fongique!"
Mohamed Hage et son équipe ont toutefois réussi à amener la campagne en ville. "On considère qu'il est possible de faire une agriculture responsable en centre-ville, il suffit juste de s'adapter. Par exemple, l'eau que l'on utilise est de l'eau de pluie qui est filtrée avant utilisation et réutilisée ensuite, on fait appel à des insectes pour manger les parasites ainsi que trois ruches de bourdons pour la pollinisation, les déchets sont compostés par une compagnie locale, etc."
Et Mohamed Hage ne compte pas s'arrêter là dans son projet. Son rêve est de développer ce modèle d'agriculture responsable et urbain en plantant ses graines dans d'autres villes. "Notre stratégie est d'approcher les promoteurs plutôt que les propriétaires d'immeuble pour intégrer la ferme dès le début du projet, c'est beaucoup de travail de persuasion mais je demeure très confiant."
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