Payette & Simms passe à l'impression "verte"
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Yves Payette, président de Payette & Simms. -
L'entreprise commercialise son procédé sans COV sous la marque Pure Impression.
Dans le cadre d’un important virage vert, l’imprimeur Payette & Simms s’est doté d’une technologie exempte de composés organiques volatils (COV). En un an, cette PME de la région de Montréal s’est positionnée parmi les leaders environnementaux de son secteur.
Yves Payette, président de Payette & Simms, évolue dans le milieu de l’imprimerie depuis qu’il est enfant. Cette entreprise familiale de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, fondée en 1914 par son grand-père, offre des services d’impression depuis trois générations. Or, la technologie a bien évolué depuis et, en prenant la relève de son père, Yves Payette a dû faire face à une nécessaire modernisation du matériel. En 2008, l’entreprise achète une presse offset, qu’elle décide de transformer afin de la rendre exempte de composés organiques volatils (COV), polluants à l’origine de la formation d'ozone troposphérique, qui provoque le smog. Au Canada, plus du quart des COV proviennent des solvants, des produits que l’industrie de l’imprimerie utilise beaucoup, dans les vernis, encres, solutions de mouillage et autres liquides de nettoyage des presses. "En prenant cette décision, nous réduisions notre empreinte environnementale, nous améliorions les conditions de travail de nos employés et nous nous ouvrions vers de nouveaux marchés", dit Yves Payette.
Pendant un an, la presse fût modifiée et de nouveaux procédés d’impression furent développés pour éliminer l’émission de COV. Yves Payette souligne que son entreprise a ainsi "mis au point le premier procédé d’impression sans COV au Canada". Le cœur du procédé : "la technique de polymérisation par laquelle des rayons ultra-violets provoquent la cristallisation des encres." En durcissant les encres de cette manière, elles s’imprègnent au papier, ce procédé remplaçant les fourneaux des systèmes d’impression conventionnels.
Ces 12 mois de travail ont été précédés de plusieurs années de recherches effectuées par le président lui-même. Des voyages en Europe et aux États-Unis lui ont permis de découvrir les nouvelles technologies disponibles. "J’ai accumulé un dossier de recherches important au fil du temps. Les Américains avaient mis au point des presses à polymérisation et j’étais convaincu depuis longtemps de leur bienfait sur l’environnement. Ce qu’il manquait, c’était un rapport coût-bénéfice positif. Quand le prix du baril de pétrole est passé à 1,40$, le procédé ne coutait que 2 à 5% plus cher qu’un procédé traditionnel. Avant, c’était de 8 à 15%. Nous nous sommes lancés."
Aujourd’hui, Payette & Simms propose à ses clients ce nouveau procédé, qu’elle désigne sous la marque Pure impression. Pour Yves Payette, le fait que certains organismes environnementaux y aient déjà fait appel confirme le sérieux de la démarche de son entreprise. En outre, l’importance croissante accordée par les entreprises québécoises aux pratiques d’approvisionnement responsables représente une opportunité d’affaires pour Payette & Simms. "Comme les COV sont néfastes sur la santé et l’environnement, un éditeur qui a une politique de durabilité fera preuve de cohérence si ses fournisseurs ont les mêmes valeurs."
Outre les avantages environnementaux, la PME voit aussi cette démarche comme une opportunité d’économiser sur les coûts associés aux technologies offset traditionnelles. "Les procédés existants consomment beaucoup d'énergie fossile : une bonne part des encres usuelles (parfois jusqu’à 50%) est composée d'huile minérale faite à base de pétrole."
La mise en oeuvre du procédé d’impression est le résultat d’une démarche menée entièrement à l’interne : 6 salariés et un contre-maître y ont pris part. Il a par la suite fallu s’assurer que les employés modifient leurs habitudes de travail : les pressiers doivent par exemple faire preuve d’une plus grande précision dans leur travail. Toutefois, ces changements n’ont occasionné aucune résistance. Selon Yves Payette, les avantages du procédé sans COV sur la santé des ouvriers ont pris le dessus sur les réticences qu’ils auraient pu avoir.
Aux entrepreneurs qui souhaitent mettre en œuvre une pratique d’affaires durable, Yves Payette conseille la détermination. "Le processus de mise en place de nouveaux procédés industriels prend du temps. Il est important d’investir en recherche, de s’assurer de la collaboration des fournisseurs et de veiller à la formation des employés. Dans le cas du procédé par polymérisation, il a fallu surmonter des dizaines défis. Sans une réelle conviction environnementale, j’aurais pu me décourager."
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un virage vert plus vaste qu’opère actuellement l’entreprise. La PME, qui est certifiée par le Forest Stewardship Council (FSC) depuis 2008, veut notamment élargir la gamme de papiers verts offerts à ses clients. Elle a également entrepris plusieurs engagements sur les plans sociaux et environnementaux, qu’il s’agisse de la commandite d’équipes sportives locales, de la réduction de la production de déchets ou encore de l’achat de produits auprès de fournisseurs accrédités par le Ministère du Développement durable pour le traitement des encres, des huiles usées, des plaques et des films. Aujourd’hui, fort de son expérience, Yves Payette souhaite "participer aux réflexions sur l’amélioration des procédés d’impression avec l’ensemble des paliers de gouvernement. C’est une manière de rendre à la communauté."
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